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THE SPLEEN
Petit Campus, mars 2009

Il y a de ces groupes dont on ne soupçonne aucunement la force de frappe et qui, pourtant, frappent dans le mille. The Spleen, un quintette originaire de Cap-Santé qui a lancé récemment son premier album, No More, n'est pas encore très connu du public montréalais (à Québec, c'est une autre histoire), mais ça ne saurait tarder. Car The Spleen, qui s'exprime en anglais, possède toutes les qualités requises pour une formation qui désire "faire carrière" : un jeu puissant et énergique, des mélodies très accrocheuses, un chanteur doué vocalement, et charismatique en plus, ainsi qu'une belle synergie entre ses musiciens. Dès les premières mesures de la première pièce du concert du groupe, qui se produisait au Petit Campus devant un bon nombre de fans enthousiastes, dont la plupart avaient effectué le trajet Québec-Montréal, on sentait tout le professionnalisme du quintette, au niveau du synchronisme instrumental comme du visuel, qui comprenait lumières et projections sur un écran situé derrière la formation. Rien à voir avec l'affreux groupe qui l'a précédé et dont on taira le nom par politesse.

Qui plus est, le style musical de The Spleen est plutôt original pour un groupe d'ici : un mélange composé, à la base, de mélancolie pop et d'intensité rock, parfois hard rock, avec du clavier - gracieuseté de la belle Viviane Lavoie - qui apporte une touche tantôt "gothique" (on emploie ce terme sous toutes réserves), tantôt new wave (idem). La formation n'hésite pas non plus à offrir des reprises. On a d'ailleurs pu entendre Don't Look Back In Anger d'Oasis et Toxic de Britney Spears! Encore là, on fait appel à l'originalité et non à la facilité.

Des bémols? Cette reprise de Toxic, justement. Bel effort mais c'était moins convaincant et pertinent que Don't Look Back In Anger. Aussi, certains diront que le chanteur Francis Frenette en met un peu trop sur scène, côté gestuelle, mais on préfère en bout de ligne un frontman qui donne un show qu'un gars qui demeure planté derrière son micro. Tout bien considéré, The Spleen a tout ce qu'il faut pour aller loin et c'est bien tout ce qu'on lui souhaite.

Je n'ai pu rester jusqu'à la toute fin du spectacle et prendre une bière avec le groupe, à l'invitation, fort gentille au demeurant, du guitariste Julien. Mes sincères excuses, mais la fatigue extrême me guettait de trop près. On se reprend, les gars, promis.